Arbres sorciers de Sterrebeek 555

Arbres sorciers de Sterrebeek 555

LA BELGIQUE D'ANTAN Uccle - Photos entre 1890 et 1935




La Belgique d'antan

UCCLE

Entre 1890 et 1935


Photos d’Uccle entre 1890 et 1935, suivies d’une histoire de la commune depuis le moyen âge jusqu’au XIXe siècle, où sont évoqués le Fort Jaco (souvenir du valeureux général Jacques Pastur ou Pasteur, dit Jaco), l'origine nordique et mythologique du nom de la commune (Ukko), l'église Saint-Pierre, le Fond'Roy (ou Frondroy, ou Vronerode), les supposés séjours de l'empereur Charlemagne et du pape Léon III, le hameau Engeland, les escrimeurs de Saint-Job, la Vierge miraculeuse de Caelevoet, les moulins à papier, le manoir de la Trompe (Le Cornet), les ermites du Boetendael, le Spijtigen Duivel, etc. On trouvera aussi, en fin de page, les cartes Ferraris (1777) d’Uccle.



Uccle - Ancienne maison seigneuriale

Uccle - Ancien moulin du Keyembempt

Uccle - Ancienne église de Saint-Job (démolie en 1913)

Uccle - Tramway électrique sur l'avenue de Longchamp vers 1910

Uccle - La Ferme Rose à l'avenue De Fré

Uccle - La Ferme Rose à l'avenue De Fré vers 1905

Uccle - La Ferme Rose à l'avenue De Fré

Uccle - La Source de l'avenue De Fré

Uccle - L'avenue De Fré et le Cornet

Uccle - Avenue des Pâquerettes vers 1925

Uccle - Chaussée d'Alsemberg, coin rue De Broyer (1922)

Uccle - Avenue du Maréchal au Vivier d'Oie

Uccle - Le château Van Cutsem à l'avenue Hamoir

Uccle - Entrée de l'avenue de Longchamp (1913)

Uccle - Avenue Molière

Uccle - Avenue Montjoie

Uccle - Avenue Vanderaye

Uccle - Café du Fort Jaco

Uccle - Chaussée d'Alsemberg et chapelle de Notre-Dame Consolatrice

Uccle - Chaussée d'Alsemberg

Uccle - Rue du Château d'Or

Uccle - Estaminet "Au Congo" à la chaussée de Drogenbos

Uccle - La gare de Calevoet

Uccle - Passage à niveau chaussée d'Alsemberg

Uccle - Passerelle du chemin de fer à la gare de Calevoet

Uccle - Le quai et intérieur de la gare de Calevoet

Uccle - Carrefour du Globe vers 1900

Uccle - Carrefour du Globe

Uccle - Les carrières de sable du Kauwberg

Uccle - Le "Spijtigen Duivel" à la chaussée d'Alsemberg

Uccle - Chaussée d'Alsemberg

Uccle - La chapelle d'Uccle-Stalle

Uccle - La chapelle d'Uccle-Stalle

Uccle - Le château Allard à la rue Gatti de Gamond (détruit en 1958)

Uccle - Château Brugmann

Uccle - Château de Zeecrabbe

Uccle - Château de Charles Woeste au Kinsendael

Uccle - Chaussée d'Alsemberg

Uccle - Quartier du "Spijtigen Duivel" (Chaussée d'Alsemberg)

Uccle - Chaussée d'Alsemberg

Uccle - Avenue Albert vers 1895

Uccle - Paysage de l'avenue De Fré en 1905

Uccle - Vieille ferme à l'avenue des Sept Bonniers

Uccle - Le château Paridaens à la rue du Groeselenberg

Uccle - Chemin du Repos (actuelle rue du Repos) vers 1900

Uccle - "De Hoef" à la rue Edith Cavell

Uccle - Fort Jaco, coin avenue Van Bever et la chaussée de Waterloo, en 1928

Uccle - Le Pont du Crabbegat

Uccle - Rue de l'Eglise (actuelle rue Xavier de Bue) en 1897

Uccle - Hôtel des Postes et Télégraphe à la rue du Postillon

Uccle - La rue Rouge

Uccle -Un coin pittoresque de la Montagne à Saint-Job

Uccle - Café du Vieux Saint-Job

Uccle - Tennis du Globe à la chaussée d'Alsemberg, vers 1910

Uccle - Chaussée de Waterloo et le Beau Séjour (1913)

Uccle - Chemin du Crabbegat

Uccle - Le Moulin Blanc ou Clipmolen

Uccle - Coin à Calevoet (vers 1895)

Uccle - Entrée du Collège Saint-Pierre (vers 1925)

Uccle - Le Vieux Cornet, ou Manoir de la Trompe, ou Hof ten Horen

Uccle - Le Vieux Cornet, ou Manoir de la Trompe, ou Hof ten Horen

Uccle - "De Hoef" à la rue Edith Cavell (vers 1900)

Uccle - Chaussée d'Alsemberg et le Dieweg (vers 1900)

Uccle - Le Dieweg

Uccle - Ecole Communale des Filles

Uccle - Ecole Ouvrière Supérieure au n° 1329 de la chaussée de Waterloo

Uccle - L'école de Saint-Job

Uccle - L'église Saint-Pierre (1898)

Uccle - L'ancienne église romane Saint-Pierre (démolie en 1778)

Uccle - L'ancienne église romane Saint-Pierre (démolie en 1778)

Uccle - L'église Saint-Pierre au parvis Saint-Pierre

Uccle - L'ancienne église de Saint-Job

Uccle - Ferme Saint-Hubert à la Petite Espinette

Uccle - La ferme Saint-Hubert

Uccle - Ferme pittoresque au Fort Jaco

Uccle - Asile Saint-Vincent de Paul au Fort Jaco

Uccle - Chaussée de Waterloo au Fort Jaco

Uccle - Le Globe vers 1935

Uccle - Homborch III

Uccle - Laiterie du Cornet

Uccle - Maison Communale (1902)

Uccle - Maison Communale

Uccle - Estaminet "Au Balai" à Verrewinckel

Uccle - Montagne de Saint-Job

Uccle - Le Moulin d'Uccle-Calevoet

Uccle - Le Moulin de Calevoet

Uccle - Moulin de Calevoet

Uccle - Moulin du Neckersgat à la rue Keyembempt

Uccle - Le moulin Herinckx

Uccle - Laiterie du Nouveau Cornet

Uccle - Panorama et église de Saint-Job

Uccle - Panorama 

Uccle - Le Papen Kasteel

Uccle - Paysage

Uccle - Les Pêcheries Saint-Pierre à Uccle-Stalle

Uccle - Ferme Saint-Hubert à la Petite Espinette

Uccle - Place Saint-Job et l'école

Uccle - Place saint-Job et l'église

Uccle - Place Vanderkindere et avenue Brugmann

Uccle - Place Vanderkindere et avenue Albert

Uccle - Le Puits du Chat à l'avenue de Messidor (1900)

Uccle - Institution des Dames de Marie

Uccle - Rue de Keyembempt

Uccle - Rue de l'Eglise (actuelle rue Xavier De Bue)

Uccle - Rue de la Montagne vers 1890

Uccle - Le grand viaduc à la rue de Stalle

Uccle - Rue du 22 Novembre en 1919 (ex rues du Conseil et de l'Eglise, devenue Rue Xavier de Bue) 

Uccle - Rue du Ham à Saint-Job

Uccle - Rue du Postillon

Uccle - Rue Edith Cavell vers 1930

Uccle - Rue Paepen Kasteel

Uccle - Rue Stanley vers 1925

Uccle - Rue Henri Van Zuylen vers 1925

Uccle - La ferme du Balai

Uccle - Sanatorium du Fort Jaco

Uccle - Estaminet "Au Vieux Saint-Job"

Uccle - L'Etang de Saint-Job

Uccle - Rue de l'Etang à Saint-Job

Uccle - Cité Jardin et fabrique de Stalle

Uccle - La gare de Calevoet

Uccle - Le tram à vapeur de la ligne "Place Stéphanie-Uccle"

Uccle - Vert Chasseur

Uccle - Vieille ferme disparue à la Petite-Espinette (1890)

Uccle - La Villa Lorraine

Uccle - Le Vivier d'Oie

Uccle - Chaussée de Waterloo et Vivier d'Oie

Uccle - La villa Madona au Vivier d'Oie

Uccle - Pavillon Louis XV au Parc du Wolvendael

Uccle - Ravin et pont rustique dans le Parc du Wolvendael



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HISTOIRE DES ENVIRONS DE BRUXELLES

(Tome III)


U C C L E 


Alphonse Wauters

1855



Titres des chapitres :

Uccle, territoire, généralités
L’église d’Uccle
Le vallon en amont de l’église d’Uccle
Bootendael (Boetendael)
Le hameau et l'ancienne seigneurie de Stalle
L'Hof ten Hane
Glatbeke
La baronnie de Carloo
La chapelle de Saint-Job
La chaussée de Charleroi (actuelle chaussée de Waterloo)
Groelst
Caelevoet


Uccle, territoire, généralités

La commune d'Uccle dessine un immense parallélogramme, dont la forêt de Soigne forme un des grands côtés, et qui s'étend jusqu'aux prairies de Droogenbosch, en s'arrêtant, d'un côté, à la Linkenbeek (sic), qui la sépare du village de ce nom, et, de l'autre côté, au plateau de la Heeghde, qui se confond avec les champs d'Ixelles et de Saint-Gilles. Dans ces limites se développent des collines peu escarpées et sablonneuses; en quelques endroits on y trouve des couches de grès calcaires, d'un brun foncé, entre autres au Langeveld, où il y a eu longtemps un four à chaux ; ailleurs, on extrait du sable pur ou de la marne. Les fossiles abondent à Uccle, principalement les huîtres striées, les nummulines, etc., que l'on rencontre surtout vers Saint-Gilles, et les dents de squales, les scies, les diodons, etc., qui se présentent, en grande abondance, dans les gîtes fossilifères de Caelevoet (Calevoet).

Trois riants vallons traversent le territoire d'Uccle, de l'est à l'ouest. Le premier est arrosé par le ruisseau d'Uccle ou Fabriekbeek (den Bach, dans quelques cartes de M. Vandermaelen); le deuxième, par la Glatbeke ou Glatzbeke (aujourd'hui, Geleysbeke), et le troisième, dont une partie se trouve sous Linkenbeek, se déploie aux deux côtés du ruisseau que l'on a nommé ainsi, parce qu'il était à gauche (ter lincker zyde) de la Glatbeke ; et que l'on appelait aussi de Santbeke, de Vleurbeke, de Floertbeke ou de Floernt. Grossie par les deux autres cours d'eau que nous venons de nommer, la Geleysbeke pénètre dans le territoire de Forêt, et, en cet endroit, envoie vers Droogenbosch une dérivation, la Zwartebeek. Cette dérivation, grossie par une deuxième, la Bleykersbeek ou ruisseau des Blanchisseurs, et par le ruisseau de Dwerbosch, qui sépare Uccle de Droogenbosch, et qu'une troisième dérivation va également rejoindre, se jette dans la Senne, non loin du pont de Mastelle. Il y eut jadis un différend, au sujet de la Geleysbeke, entre l'abbaye de Forêt et Florent de Stalle, qui prétendait en retenir ou en diminuer les eaux, à son gré. Le chevalier Louis Vanderborch de Woluwe, receveur du duc, décida que chaque partie choisirait trois alleutiers, et qu'elle s'engagerait à respecter la décision prise par ces arbitres, sous peine de payer 100 livres de tournois noirs. On convint alors que, toutes les trois semaines, on pourrait laisser écouler les eaux du ruisseau, depuis le samedi à midi (te noene), jusqu'au dimanche, à prime (te prime), au moyen de l'arcade située à Stalle, entre les deux moulins à grains. Pour l'écoulement des « eaux sauvages «  et de celles provenant des inondations, il fut résolu d'agir en bons voisins (mardi avant le jour des Apôtres, en 1339).

Toute la lisière orientale de la commune, ainsi que les deux plateaux situés, l'un, au sud de la Geleysbeke, et l'autre, au nord du ruisseau d'Uccle, a longtemps été ombragée par des bois qui faisaient corps avec la forêt de Soigne et dont le plus septentrional allait rejoindre les hauteurs arborées de Forêt. Ce n'est qu'au siècle dernier que ce bois septentrional, la Heeghde, a été abattu, et quant aux autres, les défrichements qui en ont reculé considérablement les limites ne datent, pour ainsi dire, que de l'époque actuelle. Plus anciennement, les empiétements sur la forêt, le long de la chaussée de Charleroi, n'avançaient qu'avec une espèce de timidité, et les donations faites par nos ducs à leurs vassaux ou à des abbayes, au douzième et au treizième siècle, n'avaient pas eu pour résultat la mise en culture de tous les bois séparés de la sorte du domaine. De temps immémorial, Uccle apparaît comme un lieu important, où un grand nombre de lignées nobles habitent des manoirs disséminés, les uns, le long du ruisseau d'Uccle (‘t hof ten Hove, 't hof ten Horen, 't hof t' Overhem, le château de Stalle) ; d'autres, près de la Geleysbeke (Carloo, 't hof te Glatbeke ou 't hof te Kinsendael, 't hof te Neckersgate) ; les dernières, enfin, sur les bords de la Linkenbeek ('t hof t'Homborgh, 't hof te Steen). Entre les deux premières des vallées dont il est ici question circule le Diewech, auquel on attache aussi la banale dénomination de Chemin de Poste. Il quitte le ruisseau d'Uccle, vis-à-vis de la grande fabrique de Stalle et, après avoir traversé un plateau dont le défrichement doit dater de temps très-reculés, il entre dans la forêt de Soigne, à l'endroit dit de Meylstein (la Pierre milliaire), ancienne place vague que la chambre des comptes ordonna de planter, le 2 septembre 1611. A Stalle, le Diewech coupé un champ appelé l’enclos aux Briques, 't Careelblock ; plus près du hameau de Glatbeke, après avoir dépassé les Santbergen ou Montagnes de sable, il coupe le Rowech.

En l'année 1213, il est déjà fait mention des libertés des hommes ou habitants d'Uccle, lesquelles furent alors données aux habitants de Forêt; le cens que ces hommes devaient au duc était dès lors fixé, et on ne pouvait leur imposer des corvées. Le village reconnaissait pour seigneur le duc de Brabant, dont l'autorité, il est vrai, était limitée par les prérogatives dont jouissaient : à Boondael, les châtelains de Bruxelles, et à Stalle, les seigneurs du lieu; ces derniers, ainsi que les seigneurs du manoir de Carloo, devinrent, dans la suite, acquéreurs de la haute justice, de manière que la partie orientale d'Uccle obéissait à ceux-ci, et la partie occidentale à ceux-là. La chef-chambre ou échevinage d'Uccle conserva, dans le village, une espèce de juridiction supérieure, de tutelle, pour ainsi dire; mais l'administration proprement dite était confiée aux répartiteurs des impôts. Ceux-ci administraient anciennement toute la paroisse, sauf Droogenbosch ; vers l'année 1571, Boondael eut une cote distincte dans les cahiers des aides. Par une résolution des États du Brabant, du 6 juillet 1686, Carloo obtint aussi des répartiteurs particuliers. Aujourd'hui Uccle et Carloo sont de nouveau réunis, mais Droogenbosch forme une commune distincte, et Boondael a été annexé à Ixelles.

Uccle se ressentit fortement des événements des années 1488 et 1489. La chef-chambre d'Uccle continuant à siéger à Bruxelles, Maximilien chargea maître Arnoul Van Lathem, Guillaume de Schadewyck, Jean Van Lathem et Pierre Van Boendale de nommer sept nouveaux échevins et un nouveau greffier d'Uccle (18 septembre 1488). En 1537, Uccle, de même que Linkenbeek, Rhode-Saint-Genèse, Alsemberg, Tourneppe, Huyssinghen , etc., durent loger pendant quatre jours les soldats de M. de Mecklembourg et d'autres troupes, qui y commirent toutes sortes d'excès; c'est pourquoi on leur accorda, le 10 octobre de cette année, la remise du quart de leur cote dans l'aide. Pendant les troubles de religion, nombre d'habitations furent incendiées et détruites, ainsi que pendant les longues guerres de Louis XIV contre l'Espagne. A la fin du seizième siècle, on y comptait seulement 96 maisons, dont 80 habitées. En 1684, un différend s'éleva entre les religieuses de Forêt et les répartiteurs de l'impôt; les premières, trouvant exagérée la quote-part qu'elles devaient payer pour leurs biens, recoururent au conseil de Brabant, qui réduisit cette quote-part de 550 à 350 florins.

Cependant, au milieu des malheurs que les invasions de l'étranger amenaient à leur suite, on se préoccupait des moyens d'améliorer les voies de communication qui existaient dans le pays. La chaussée de Vleurgat vers Charleroi et Namur date de cette époque, et celle d'Alsemberg fut projetée, puis exécutée, à quelque temps de là. Au moyen âge, on mentionne déjà une chaussée de Stalle, pour l'entretien de laquelle le domaine levait deux petits péages, l'un à la porte de Hal, l'autre à Stalle. Le 16 février 1442-1443, Philippe le Bon donna les revenus de cette chaussée, ainsi que ceux de la chaussée d'Obbrussel ou Saint-Gilles, à son valet de chambre Corneille Vanderkelen et à Jean Van Audenaeken. On levait aussi, à Caelevoet, un péage, contre lequel les Bruxellois réclamèrent, et dont la duchesse Marie décréta l'abolition, lors de sa Joyeuse-Entrée en Brabant. En l'année 1570, une enquête fut ouverte au sujet du péage de Stalle, dont le produit ne suffisait plus à couvrir les frais d'entretien. Suivant une déclaration faite par Benoit Van Ysenberch, adjudicataire du péage, ce dernier consistait en 4 1/2 mites pour chaque cheval chargé, 9 mites par charrette, 18 mites par chariot. Les conducteurs ne payaient que quand ils allaient à Bruxelles; à leur retour, ou si leurs attelages marchaient à vide, ils ne payaient rien et ne voulaient rien payer. Seulement, les chariots et charrettes chargés, venant de Bruxelles sans avoir passé antérieurement par le chemin de Stalle, donnaient un blanc. Van Ysenberch déclara aux commissaires nommés par le conseil de Brabant, le conseiller Charles Quarré, Jean de Pennant, de la chambre des comptes, et Arnoul Arnoults, qu'il était tout prêt à renoncer à son entreprise (22 novembre 1570). Quelque temps après, Charles Quarré et un autre fonctionnaire, Henri Sterck, convoquèrent dans le cloître de Forêt les principaux fermiers du voisinage : Jean Collyns dit Schuerber, de ‘t hof ten Steen; Antoine Jacobs, de l’hof  t’ Homborch; Nicolas Van Lathem, de l’hof te Kinsendael; Pierre Beerselman, de la ferme de Henri Vanderstraeten, à Forêt, et Josse de Leeuwe, de l’hof 't Flossenberch , etc. La plupart consentirent à ce que le péage fût porté à un liard pour chaque cheval, sauf que pour les bêtes de somme chargées de grains, de foin, de paille, de bois, on ne donnerait qu'un negenmanneken. Dans la suite, les membres du métier des meuniers de Bruxelles qui habitaient la paroisse d'Uccle se plaignirent qu'on exigeait sur le chemin de Stalle un blanc par cheval attelé aux chariots de grains, tandis qu'auparavant et, depuis cent ans et plus, on ne demandait qu'un negenmanneken (1688).

La chambre des comptes ayant fait réparer le chemin de Rhode-Saint-Genèse, depuis la justice ou potence de Stalle jusqu'à celle de Linkenbeek, ordonna d'y percevoir un petit péage (30 septembre 1616). Le grand commerce de grains, de bois, de papier, de farine, qui se faisait de ce côté, détermina les habitants de la mairie de Rhode et les marchands de bois habitant cette mairie à solliciter un octroi pour la construction d'une chaussée entre la porte de Hal à Bruxelles et Caelevoet; des lettres patentes, datées du 9 septembre 1712, les autorisèrent à lever des capitaux pour entreprendre ce travail et à établir deux barrières sur la route, lorsqu'elle serait achevée. Peu de temps après, les concessionnaires s'adressèrent au magistrat de Bruxelles, pour qu'il se chargeât de construire la chaussée, « aussi loin que s'étendait la juridiction de la ville, depuis la porte de Hal jusqu'à la maison de Princesse, à Stalle;» en indemnité des dépenses qu'aurait entraînées ce travail, et qui étaient évaluées à 14.000 ou 15.000 florins, la faculté d'établir une des deux barrières citées plus haut aurait été laissée à la ville. Ce mode ne fut pas suivi. Le 22 mai 1720, la construction de la chaussée, depuis le fort Monterey jusqu'à Caelevoet, fut adjugée à Antoine Olivet, moyennant 49 florins la verge. Un embranchement fut construit vers Droogenbosch, malgré l'opposition de la dame de Stalle, qui obtint d'abord un décret prohibitif, le 19 juillet 1727. Pour ce qui est de la partie de la chaussée qui se trouve entre la chapelle de Caelevoet et l'église d'Alsemberg, elle date de 1740; quelques « zéleux » avaient depuis longtemps proposé l'établissement d'une chaussée jusqu'à Alsemberg, et, à leur demande, le magistrat de Bruxelles avait nommé une commission pour en examiner le plan (5 décembre 1715).

Les habitants d'Uccle pouvaient faire pâturer leurs bestiaux dans le Roosendael et dans la Gemeynte heyde, au sud du château de Carloo. En outre, ils possédaient en toute propriété la Stalle heyde, qui contenait dix-sept bonniers, et la Uccle heyde, qui comprenait deux bonniers deux journaux, l'une et l'autre situées entre Uccle, Stalle et Forêt. Une partie de la première fut vendue, le 21 mai 1773, au marquis de Deynze, moyennant 3.426 florins; ce gentilhomme y fit élever des constructions qu'il n'acheva pas, et la revendit, en 1774, à maître Jérôme Mosselman, avocat au conseil de Brabant. Jadis, le soin de garder les bestiaux des habitants d'Uccle et de Stalle était adjugé au plus offrant. Le 9 juillet 1662, Nicolas De Greef se chargea de ces fonctions, moyennant un salaire s'élevant pour chaque vache, à 2 sous et un demi-blanc; pour chaque veau, à 1 sou et un quart de blanc; pour chaque brebis, à 2 blancs.

Le serment des archers, à Uccle, était placé sous la juridiction du serment de l'arc, de Bruxelles, sans le consentement duquel il ne pouvait tirer l'oiseau.  Au concours de Bruxelles, en 1565, il disputa aux serments de Crainhem et de Hoeylaert le prix de la plus belle entrée des villages, prix qui fut accordé aux archers d'Hoeylaert. La perche du tir se trouvait à peu près à l'endroit où la chaussée d'Alsemberg traverse le vallon d'Uccle, entre le Clipvyver (l'étang en amont de la chapelle de Stalle) et la ferme Ten-Hecke.

Depuis l'an III, Uccle est le chef-lieu d'un canton administratif; en l'an VIII, on y plaça le chef-lieu d'une justice de paix, à laquelle un arrêté royal annexa, le 5 juillet 1832, les communes de Watermael- Boitsfort, d'Overyssche-Notre-Dame-au-Bois et de Hoeylaert. En 1849, la résidence du juge de paix a été transférée à Ixelles, dont la population est presque aussi nombreuse que celle de toutes les autres communes de la circonscription. Par arrêté royal du 25 mars 1847, un commissariat de police a été installé à Uccle; un marché aux légumes, au beurre et au laitage, qui se tient le mardi et le samedi, y a été établi (9 août 1848); et, l'année suivante, les 21, 22 et 25 septembre, on y a ouvert une exposition des produits agricoles et horticoles du canton. Sous le rapport religieux, Uccle est devenu un doyenné, duquel dépendent une cure de premier ordre, Uccle, et 22 succursales, entre autres Saint-Job ou Carloo. Peu de temps avant la révolution de 1830, on bâtit près de l'église d'Uccle, sur un terrain qui appartenait jadis à la cure, le grand bâtiment qui sert d'école et de maison communale. Aux environs est élevée une institution rivale, une école dirigée par une congrégation religieuse; le terrain en a été donné par la famille d'Huysman d'Annecroix.

Uccle est actuellement le centre d'un grand mouvement industriel. En 1846, on y trouvait : 13 moulins à eau, dont 3 servent à la fabrication du papier; 1 moulin à vent, à Vleurgat; 4 brasseries, dont 2 sont aussi des distilleries; 1 fabrique d'impressions d'étoffes de coton, à Stalle; 2 blanchisseries de linge, à Caelevoet; 3 fabriques de boîtes de bois, 1 au Vert-Chasseur et 2 au Langeveld; 1 débit de briques, 1 fabrique de machines. Dans le principe on n'y connaissait que la mouture du grain et la préparation de la bière. Les brasseries y sont encore actives, et la boisson qu'elles fabriquent, et qui a un goût approchant de celui du faro de Bruxelles, se vend beaucoup au dehors. Vers l'an 1400, on commença à établir à Uccle des papeteries et des moulins à aiguiser; un moulin à plâtre y a aussi existé. L'époque de la domination française a vu s'établir la fabrique de Stalle et, depuis lors, Uccle n'a cessé de s'accroître considérablement. N'oublions pas de mentionner le grand établissement pour aliénés que le docteur Kalcker a fait construire, en 1835, dans une situation excessivement salubre, à front de la chaussée d'Alsemberg, et qui vient d'être notablement agrandi, sous la direction de M. l'architecte Vanderrit.


L’église d’Uccle

On ne s'étonnera pas, sans doute, de ce qu'il se soit rattaché au siège d'un tribunal aussi important que la cour d'Uccle des traditions d'origine et de nature diverses. Si l'on en croit une opinion qui s'est perpétuée jusqu'à nos jours, Charlemagne a habité les lieux qui prirent d'après lui les noms de Kaerloe, le bois de Charles, et de Kaerlevoert, le ruisseau de Charles; la première de ces localités, ajoute-t- on, s'appelait auparavant de Rusch spelonke. Charlemagne, à ce que l'on prétend, vint à Uccle avec le pape Léon III, qui y consacra l'église et lui donna les mêmes indulgences dont était dotée l'église de Rome; puis tous deux marchèrent ensemble contre les infidèles. Ces récits, auxquels l'historien du Brabant, A.-Thymo, ajoutait foi, sont consignés, comme véritables et comme reposant sur de vieilles traditions, dans une déclaration faite par-devant notaire, le 20 juin 1548, par les nobles et bien-nés hommes d'armes « Jean Vandenhove, Gilles Vandensteene, Gérard Van Neckersgate et Gilles Coenraets. » Ils renferment cependant quelques circonstances d'une fausseté évidente; de ce nombre est la concession d'indulgences faite à l'église d'Uccle, à une époque où l'on ne distribuait pas encore de faveurs de cette nature, et l'expédition du pape et de l'empereur contre les infidèles.

Quelques écrivains ont refusé d'admettre le fond même de ces traditions, la venue du pape Léon à Uccle, laquelle, cependant, pourrait avoir eu lieu pendant l'hiver de 804-805, lorsque l'empereur et le pape se rendirent de Chersy-sur-Oise à Aix-la-Chapelle ? Quant aux noms de Kaerlevoert et de Kariloe, l'origine qu'on leur prête est très-problématique. Kaerlevoert s'est toujours écrit sans « r » à la première syllabe (Calenvort, 1220, 1231 ; in parrochia de Linkenbeke,... locum dictum Calevort, acte du 8 février 1359), et, pour ce qui est de Kariloe, je ferais plutôt dériver ce mot de loo, hauteur boisée, et de Kari, nom de l'Air, l'un des dieux principaux de la mythologie scandinave. Uccle, qui s'écrivait primitivement Uclos, a, selon toute apparence, une origine analogue. Chez les Finnois, Ukko était regardé comme le dieu du Tonnerre ; il occupait, dans leur Olympe, le premier rang après Jumala, le plus puissant des êtres. Il n'est pas impossible qu'un essaim sorti de la Finlande ait pénétré jusqu'en Belgique, à la suite des Francs ou des Normands. Uclos ou Uk-loo serait la hauteur ou le bois d'Ukko.

Note de la « Belgique des 4 Vents » :  la vénération des dieux germano-scandinaves en Belgique – depuis le IIème siècle avant notre ère jusqu’au moyen âge - est une réalité que démontrent, entre autres, les articles de la section « Dieux du Nord » dans le présent blog.  Quant aux éléments des mythes finlandais évoqués par l’auteur, on peut tenir pour probable que des « vikings finnois » aient participé aux expéditions des « vikings scandinaves », à partir de l’an 800 en nos contrées. Notons encore que Ukko est un équivalent du dieu Thor (ou Donar) des Germano-Scandinaves, mais possédant également quelques caractéristiques du dieu Odin (ou Woden, ou Wotan) des mêmes Germano-Scandinaves.

L'église d'UccIe date de l'année 1779. C'est un édifice très-simple, dont la tour se termine en forme de dôme. L'ancien temple remontait à une époque très-reculée et ne recevait le jour que par de petites fenêtres qui allaient se rétrécissant de l'intérieur vers l'extérieur; sur la tour, on voyait une triple tiare, en mémoire de ce qu'il avait été consacré par un pape. Il souffrit beaucoup des guerres de religion et la tour fut incendiée; quand la tranquillité se rétablit, les habitants durent s'imposer de grands sacrifices pour la reconstruire. Le domaine les aida en leur accordant six chênes, le 17 août 1598, et le gouvernement les autorisa ensuite à se procurer de l'argent, en vendant quelques pâtures (6 mai 1606). Les mausolées qui décoraient jadis l'église d'UccIe n'existent plus ; par contre, on en voit plusieurs nouveaux. Celui de l'industriel Jean-François Schavye, qui naquit en Brabant, en 1770, et mourut le 5 juin 1812, est placé dans le choeur; sur le socle, un ange, qui est représenté sous les traits du fils aîné de Schavye, porte le portrait de celui-ci, en médaillon ; au-dessus du socle, on voit un autre ange, dont les traits sont ceux du second fils de Schavye, qui semble déplorer la perte de ce dernier. On a placé, dans le cimetière, une petite pierre qui provient sans doute de la chapelle de Caelevoet, et sur laquelle on lit : HIER LEEGHT ANNA, OUDT IX DAGHEN — DIERSTE PERSOONE IN DESE CAPELLE BEGRAVEN, DOCHTERE PEETERS — DAMANT, BEWAERDER VAN DEN — JUWEELEN DER K. MA CAROLUS — DE Vde ENDE VAN JOUFVROUWE — ANNA BAUR, SYNDER HUYSVROUWE, — DYE GEBOREN WAS OP TEN IERSTEN — DACH VAN AUGUSTI XVeXXXVIIII, — ENDE STERFT OP TEN IXe DACH — VAN DER VOORSCREVEN MAENT — VAN AUGUSTI IN T' JAER ONS HEE — REN XVeXXXVIIII. BEATA QUE NON PECCAVIT.

Le patronat de la paroisse de Saint-Pierre à Uccle et de ses dépendances fut donné à l'abbaye d'Afflighem par l'évêque Odon, en 1105; puis, plus particulièrement, aux religieuses de Forêt, en 1117, par l'archidiacre Walter. L'écolâtrerie et la fabrique de l'église de Sainte-Gudule, à Bruxelles, prélevaient, chacune pour une moitié, les grandes dîmes d'UccIe, de Boondael et de Saint-Gilles; quant aux petites dîmes et aux novales, elles appartenaient à l'abbaye de Forêt. Un débat s'étant élevé, à ce sujet, entre l'abbaye et le chapitre de Sainte-Gudule, une enquête fut ouverte par les soins de l’amman du dehors de Bruxelles, qui prit l'avis des anciens du village et du maire. Un accord s'ensuivit, et fut sanctionné par le duc Jean II (décembre 1299). Dans la suite, le curé obtint le droit de lever les dîmes novales, la moitié des petites dîmes et la moitié des dîmes des chairs, dont l'autre moitié resta aux religieuses de Forêt. Les chapelles de Boondael, de Carloo ou Saint-Job, de Caelevoet, de Stalle et de Droogenbosch formaient autrefois autant d'annexes de l'église d'Uccle; trois d'entre elles sont devenues des églises, celle de Caelevoet a été démolie, celle de Stalle est restée un simple oratoire. Les curés d'Uccle se qualifiaient quelquefois de pléban; l'un d'eux, Pierre, prenait ce titre en l'année 1251. Il existait, à Uccle, une chapellenie de Notre-Dame, qui était chargée de 104 messes par an et qui fut annexée à la cure; Jean de Carloo avait institué une messe hebdomadaire, et la commune une fondation de 62 messes par an. Au quatorzième siècle, on trouvait à Uccle un ermite qui, de même que ceux de Bootendael, recevait par semaine de l'abbesse de Forêt deux pots et demi de liqueur de houblon (hoppe).


Le vallon en amont de l’église d’Uccle

Une belle avenue, qui passe derrière la cure d'Uccle, conduit de la chaussée d'AIsemberg à la villa de M. le comte Jacques-André Coghen, membre du sénat, ancien ministre des finances, l'une des notabilités commerciales de la ville de Bruxelles. Cette propriété fut vendue en 1715, par maître Jean-François Slypen, à Eugène-Henri Fricx, libraire de la cour, et à sa femme, Marie-Catherine Rosseels; les héritiers de ces deux époux la cédèrent, le 1er octobre 1753, et moyennant 4.800 florins, au comte Thomas de Fraula, dont la famille la posséda jusqu'en 1750. Il y avait alors, derrière l'habitation et son jardin, un bois de grande futaie, planté en étoile.

Un chemin sépare le château de M. le comte Coghen d'un ancien manoir dit 't hof ten Horen ou le manoir à la Trompe, et vulgairement le Posthooren (le Cornet de Postillon). Il se compose d'un corps de logis qui date de l'année 1748 et d'une vieille tour, peu élevée et qui, jusqu'à ces derniers temps, n'était percée que de meurtrières. A l'étage de cette tour, vers l'ouest, on voit une pierre carrée dans laquelle on a taillé une trompe ou cor de chasse, avec la date 570; au haut, ces mots : Aensiet den tydt, Remarquez le temps, et, au bas, le millésime 1700. On doit considérer cette pierre comme le dernier débris d'un bâtiment que l'on aura démoli ou restauré en 1700; la date de 570, qu'il est impossible de prendre au sérieux, est ici, sans doute, pour celle de 1570, car, comme personne ne l'ignore, l'usage des chiffres arabes n'est pas antérieur au treizième siècle, et, à Bruxelles, les plus anciennes maisons avec millésime ne remontent qu'à l'année 1574. La tradition, ennoblissant les commencements de l'hof ten Horen, a prétendu qu'elle était autrefois le lieu de réunion des échevins d'Uccle . Peut-être y a-t-il ici confusion ; peut-être a-t-on voulu parler des échevins des Chiens de Boitsfort, c'est-à-dire de l'ancien Consistoire de la Trompe? Ce qu'il y a de certain, c'est ce que le manoir, outre un cens de 41 deniers de Louvain, 2 poules et 1 chapon, qu'il payait au seigneur de Duyst, donnait, tous les ans, à la vénerie ou aux Chiens de Boitsfort, 19 1/2 deniers de Louvain. Ce cor de chasse rappelle donc, sinon le séjour du tribunal de la vénerie, du moins la sujétion du bien envers le tribunal. L'hof ten Horen était autrefois une belle maison de campagne, qui appartenait au conseiller Winand Clerin et à sa femme, Gertrude Van Veen; les enfants de Marie-Catherine Van Veen et de Jean-François De Fraye la vendirent en vingt-cinq lots, le 1er juillet 1768; la maison de campagne, avec deux petits étangs et quelques autres dépendances, le tout d'une contenance de quatre bonniers, fut achetée, moyennant 6.350 florins de change, par Pierre Goens, dont la famille la possède encore.


Note de la « Belgique des 4 Vents » :  Le manoir de la Trompe, dit  « Le Cornet », est situé au croisement de l’avenue De Fré et du chemin du Crabbegat.

Le manoir de la Trompe occupe l'entrée d'un charmant et paisible vallon, qui se termine au chemin de Bruxelles vers Saint-Job; là, dans un endroit solitaire, la Fabriekbeek sort, pure et abondante, d'un pilier élevé en 1829 au pied de la Grosselberg ou Roeselberg. En parcourant ces belles promenades, pleines d'ombre et de fraîcheur, on ne se douterait jamais que les prés à l'est du manoir de la Trompe, le bois qui l'avoisine, du côté du midi, et un enclos voisin portent les noms lugubres de Marais des Morts, de Bois des Morts, d'Enclos des Morts, het Dootbroeck, het Doodtbosch , het Doodtblock. Y a-t-on enterré des cadavres, à la suite d'une peste ou d'un combat? Y a-t-on retrouvé les vestiges d'anciennes sépultures? C'est ce qu'il nous a été impossible de vérifier. La première habitation que l'on rencontre, sur la rive septentrionale du ruisseau, est une belle ferme, l‘hoff ten Hove, dont on ne peut expliquer le nom qu'en supposant qu'elle a été originairement une villa des ducs de Brabant; c'est pourquoi on l'aura appelée la villa ou le manoir par excellence, l‘Hove, puis l’hoff ten Hove. Au quatorzième siècle, elle formait un fief relevant du duché de Brabant, avec 15 bonniers de bois et de terres. Les premiers possesseurs en portèrent le nom : en 1312 vivait Jean d'Uccle dit de Curia, qui fut échevin du village, et, en 1 347, Jean Vandenhove. Ce dernier, ayant forfait sur fief, en fit abandon à Louis Merte ou Meerte de Bruxelles, qui paya, pour droit de relief, 20 pelers, valant 30 moutons (1375-1376). (…)

Sur les hauteurs qui environnent l’hof ten Hove, on voit la villa de Bootendael, l’hof te Zeecrabbe ('t hof van den Zeecrabben, 1533), et le hameau de Coevoet, où, il y a cent ans, on ne trouvait que des bois. La hauteur même s'appelait d'abord de Crabbenberghe, la montagne aux Crabes. L’hof te Zeecrabbe, après avoir appartenu aux Iturieta, est devenue la propriété des barons de Thysebaert.


Bootendael (Boetendael)

Au mois de juillet 1266, un échevin d'Uccle, nommé Henri Grols, donna à l'abbaye de La Cambre un demi-journal de terre situé entre la forêt dite Hege et Botendale. Ce dernier nom, qui signifie Vallée de Pénitence, était donc déjà connu; en effet, suivant la charte de fondation du couvent de Bootendael, « de si longtemps qu'il n'y avait mémoire du contraire, on y trouvait, près d'une chapelle et d'un cimetière consacrés à Dieu, un couvent de religieux de l'ordre de Saint-François. »  Ce fait est exact; seulement, ce n'étaient pas des religieux, mais de simples ermites qui habitaient Bootendael. Le 8 octobre 1467, Philippe Hinckaert donna ces lieux à Isabelle de Portugal, veuve de Philippe le Bon, et celle-ci en fit abandon au frère Henri de Lille, du couvent des Cordeliers de l'Observance, de Malines, pour y établir une communauté de son ordre, en l'honneur de saint Antoine de Padoue. Le duc Charles approuva ces dispositions, le 20 octobre 1467 et le 8 septembre 1476.

La munificence de nos souverains s'étendit maintes fois sur ce nouvel établissement, duquel presque tous les couvents de Franciscains du Brabant reçurent la réforme. Philippe le Beau le gratifia de 300 charges d'ânes, de bois (5 mai 1497). Les eaux qui alimentaient le couvent s'étant perdues par suite d'un tremblement de terre, le même prince y fit conduire un filet d'eau venant d'une distance de quatre milles. Philippe II lava, dans ce monastère, les pieds de douze vieillards. Le couvent ayant été dévasté, en 1579, après l'expulsion des religieux de leur asile, les archiducs Albert et Isabelle en ordonnèrent la restauration, en 1604. La nouvelle église fut consacrée, en 1605, par l'archevêque Van Hove, et un bâtiment servant d'infirmerie et de logis des hôtes fut élevé en 1610 par le père Neyen, à l'habileté de qui la Belgique dut la conclusion de la trêve de dix ans, dont elle avait un si pressant besoin. L'infante Isabelle, qui visitait fréquemment Bootendael, en fit niveler et emmurailler le jardin, et y fît bâtir le cloître et la bibliothèque.

Le couvent était un des quatre noviciats de la province; en 1787, il était habité par dix-sept prêtres, sept frères et trois tertiaristes. Les dépenses s'élevaient à 8.300 florins; les revenus certains, à 347 florins; le déficit était couvert par les aumônes des fidèles. Le sceau de la commune offrait deux mains croisées et une croix; la légende portait : SIG. CONV. BOETENDAEL FF. MIN. RECOLLI. Une congrégation aussi pauvre ne pouvait avoir que des bâtiments fort simples; ceux de Bootendael ne présentaient rien de remarquable. Dans l'église, on voyait une chapelle élevée, en 1626, au saint espagnol Didace, et deux mausolées de marbre. Le premier de ces mausolées fut érigé, en 1705, par le baron de Carloo, à ses ancêtres, à lui-même, à sa femme et à leur postérité ; il n'existe plus, et du second on n'a conservé que la pierre tumulaire, qui décore actuellement l'église du hameau de Saint-Job. Après sa suppression par les Français, le couvent a été remplacé par une charmante villa; de la hauteur qui le domine du côté du nord, on jouit d'une vue magnifique sur la vallée de la Senne, Hal et les environs. C'est M. le baron Vanderduyn de Béthorne qui est aujourd'hui propriétaire de Bootendael.

Ce qui donnait à ce couvent un aspect mélancolique, bien en rapport avec la vie ascétique de ses habitants, c'étaient les bois épais qui l'entouraient, pour ainsi dire, de toutes parts. Ces bois formaient ce que l'on appelait la Heeghde ou het Coninxlant, fraction de la forêt de Soigne, ayant une superficie de 245 bonniers et qui séparait entièrement Uccle d'Ixelles. Un placard en date du 12 octobre 1545 ayant ordonné d'y convertir 120 bonniers en un bois de raspe, qui serait entouré de fossés et où le pacage des bestiaux serait interdit, afin d'en faire une réserve de gibier. Ce fut surtout en cet endroit que se tinrent, pendant les premières années du règne de Philippe II, les conventicules ou assemblées des protestants, ainsi que nous l'apprennent les ordonnances que l'amman Jean de Locquenghien porta contre ces réunions, à plusieurs reprises et, en dernier lieu, le 13 janvier 1562-1563. La Heeghde diminua considérablement vers l'an 1700, lorsqu'on perça, en son milieu, la chaussée de Saint-Gilles à Vleurgat; le restant de la forêt eut le même sort, puis fut arrenté, c'est-à-dire donné en emphytéose par le gouvernement autrichien, pour trente-cinq ans, le 3 décembre 1778. Il s'y est formé un hameau appelé le Chat (de Catte), d'après une auberge du même nom, laquelle est déjà citée dans un acte du 20 février 1626.


Le hameau et l'ancienne seigneurie de Stalle

En aval de l'église d'Uccle et de la chaussée d'Alsemberg, le village prend le nom de Stalle (l'Écurie), ou quelquefois de Neerstalle (Stalle inférieur)  et d'Eeckhout (la Chênaie). Une grande partie des campagnes qui dominent le vallon de Stalle sont excessivement sablonneuses, d'où le nom de Zavelboeren, Paysans des sables, que l'on donne à ses habitants.

Depuis le siècle dernier, de nombreuses habitations se sont agglomérées le long de la chaussée d'Alsemberg. Elles forment aujourd'hui une rue, généralement bien bâtie, depuis l'établissement de M. Kalcker jusqu'au-delà du ruisseau d'Uccle; une autre rue, large et droite, conduit à l'église paroissiale. En cet endroit se trouve une auberge très-renommée, dont la bizarre enseigne est consacrée au Diable en dépit, den Spytigen Duyvel. Plus loin existe une ferme que Madeleine, fille de messire Guillaume Vandenhecke, et son mari, sire Jean Van Wasservas, seigneur de Marche, cédèrent à leur soeur Madeleine Vandenhecke, veuve de messire Charles Fogelweyder, seigneur de La Thour, et que Jean Vanderborcht, brasseur de Bruxelles, racheta ensuite (acte du 11 janvier 1618). L'hof ten Hecke passa depuis aux Fariseau, de qui les Huysman d'Annecroix l'ont héritée.

Lorsqu'on construisit la chaussée d'Alsemberg, on la dirigea au travers des dépendances de l'ancienne seigneurie d'Overhem [l'Habitation supérieure), dont le manoir avait été démoli, en 1708. Cette seigneurie relevait du duché de Brabant, avec le moulin voisin de la chapelle de Stalle, den Clipmolen; le grand étang adjacent dit de Clipvyver, des bois, des pâtures, le Clipvelt, un livre censal se prélevant à Droogenbosch et aux environs, et d'autres dépendances. (…)

On disait et l'on dit encore la messe dans la chapelle de la Vierge de Notre-Dame au Besoin (Onse Lieve Vrouwe van Noot ou ten Noodt), à Stalle, lorsqu'on célèbre une des fêtes de la patronne. Il y existait une chapellenie dont l'abbesse de Forêt avait la collation, et qui avait été fondée, le 21 septembre 1369, par le chevalier Florent de Stalle dit de Rivieren, dans son château, et la chapelle qui s'y trouvait de temps immémorial. Un beau portrait, qui se voit dans la nef, rappelle les dons faits à l'oratoire de Stalle par maître Pierre Beaufort. L'édifice n'a rien de remarquable, quoiqu'il soit en partie construit dans le style ogival ; il a été restauré en 1838.

Les chevaliers de Stalle figurent fréquemment dans les chartes brabançonnes du douzième siècle. Par une singularité dont la cause nous échappe, ils rentrent ensuite dans l'obscurité pour en sortir de nouveau, avec un nouvel éclat, au quatorzième siècle. (…)

Le centre de la seigneurie de Stalle se composait d'un terrain de quatorze ou quinze bonniers, situé entre les biens de l'abbaye de Forêt et le chemin de Bruxelles. Là se trouvaient le château, un bois de chênes et une aunaie, et, plus loin, le Daneels vyver, d'autres étangs, une vigne, d'une étendue d'un bonnier environ; des terres, des pâtures et un moulin à eau dit le Nederste molen. Toutes ces dépendances furent morcelées au dix-septième siècle. Le moulin fut vendu par la comtesse de Willerval à sire Melchior-François Vandencruyce (r. du 18 avril 1653) et appartient aujourd'hui aux Poederlé; il s'appelait aussi den Tervenmolen, le moulin à Froment, et est sans doute identique au Slachmolen, que Aleyde de Stalle et Henri de La Leck cédèrent à Guillaume, fils de Guillaume Cole, en 1387. Quant au château, on l'appelait d'ordinaire ‘t hoff van Kersbeke, peut-être parce qu'il avait été rebâti par la famille de ce nom ; il fut séparé du fief de Stalle (r. du 11 avril 1642), puis abandonné et, vers l'an 1700, on n'en voyait plus que des ruines, cachées au milieu des arbres et des broussailles. Le bois environnant, qui a été tout récemment défriché, avait conservé le nom de bois de Kersbeke; vendu par Catherine de La Douve, comtesse de Hers, à Juste de Hornes (r. du 25 octobre 1642), il fut revendiqué par l'avocat Bouton, au nom de la comtesse de Willerval (r. du 7 décembre 1643), puis cédé à l'abbaye de Forêt, en 1648.

Bouton s'était fait construire une nouvelle habitation féodale, ornée d'un beau jardin, de viviers, d'une grande fontaine jaillissante; elle existe encore près du ruisseau d'Uccle et on a conservé la petite promenade ou terrasse qui y conduisait. (…)

En aval du château des Bouton, en suivant le ruisseau, on arrive à la grande imprimerie de cotons de M. Verhulst et Cie, qui comptait, en 1846, 123 ouvriers et 3 machines à vapeur, chiffres qui n'ont pas cessé de s'accroître. Il y avait là, jadis, un petit manoir (l'ancienne ferme den Roetaert?) portant la date de 1618. M. Bosdevex y établit une manufacture d'indiennes, que H. Wilson convertit ensuite en une blanchisserie à la Bertholienne, où une machine à vapeur fut établie dès l'année 1826. Jusqu'à cette époque, les Anglais avaient conservé le monopole de l'exportation à Java. M. Wilson alla étudier leur manière d'apprêter les étoffes qu'ils envoyaient dans cette grande île, et bientôt il arriva à une imitation si complète de leurs produits qu'il parvint à les supplanter.

La Geleysbeke active successivement d'aval en amont le Terwenmolen, dont nous avons parlé et près duquel se trouve l'auberge de Mierlo; le Creyt ou Creet molen, à proximité duquel la vicomtesse de Saint-Albert possédait, en 1742, un terrain où il y avait eu un manoir et qui s'appelait de Hotte; le moulin de Neckersgat, et enfla, le moulin de Steen. Près du Neckersgat molen, il y avait jadis, antérieurement aux guerres de religion, des maisons entourées d'eau, et appelées de hoffstede te Neckersgate. Ces biens relevaient de la cour féodale de l'abbaye d'Afflighem, ainsi que des vergers, et le bois voisin, de sept bonniers, qui était entouré de fossés.  Celui-ci est appelé dans un acle du 4 octobre 1618 le bois de Gérard, près du ruisseau de la Hache, à la Potence (Geerts bosch, te Haekebeke, aen 't Gerecht). (…)

Une maison de campagne, pittoresquement assise, a été bâtie il y a quelques années sur une hauteur qui domine le moulin de Neckersgat. Plus près de la chaussée d'Alsemberg, on remarque d'autres villas également construites dans le style moderne, entre autres celle de M. T'Sas, avec ses grandes terrasses et ses beaux parterres de fleurs, et celle de M. Baudry, bourgmestre d'Uccle.


 L'Hof ten Hane

Les Reynbouts et les Dupuis, qui furent seigneurs hauts justiciers de Stalle au dix-septième et au dix-huitième siècle, habitèrent une maison de campagne située près de la chaussée d'Alsemberg, vers l'ouest, au-delà de l'étang et de la chapelle de Stalle. Dans le principe, ou connaissait ce bien sous les noms de 't hof te Coekelberg, de ferme à la Chaussée ou de ferme au Coq, hove ten Steenwege geheeten't hoff ten Hane; dans la suite, on prétendit que primitivement elle s'appelait l’hoff ten Steene. Là fut le berceau de la famille Uyttenhane, à laquelle appartenait sire Jean Uyttenhane, que Louis de Male fit sommer, le 27 août 1356, de se rendre à Cortenberg. Le manoir relevait, au quinzième siècle, avec 24 bonniers, de la cour féodale de Thierri Vandenhoricke, dont les tenures furent confisquées par ordre de Philippe le Bon, pour défaut de payement des droits de relief; depuis, il fut considéré comme un fief du Brabant (…)


Glatbeke

Outre le bien de Neckersgat, les Oudaert possédèrent aussi, sur les bords de la Glatbeke, het hoff te Kintsendalle ou van Kintsdaet, anciennement, l'hoff te Glatbeke. La Glatbeke ou Geleysbeke a donné son nom au groupe d'habitations qui borde la partie moyenne de son cours. (…)

Selon Wautier, le château de Kinsendael s'appelait aussi de Geuse Casteel ou le château des Gueux; sur son emplacement on a bâti, en 1836, une nouvelle maison de campagne, dont l'entrée s'annonce par une belle grille de fer. A proximité de cette villa, à l'est de la chaussée d'AIsemberg, se trouve un hameau où il y a une grande brasserie et distillerie dite de Gulde casteel {le château d'Or), un moulin à eau, et une fabrique d'ouate. La petite maison de campagne voisine du Gulde Casteel a été élevée, vers l'an 1720, par Charles-Eugène Cobrisse; le conseiller Fraula l'acheta en 1724, moyennant 3.550 florins, et, cinq ans après, son fils Thomas la vendit à messire François-Hyacinthe Schockaert, major de la ville de Bruxelles.

Plus loin, les Van Hamme élevèrent le château baronnial de Stalle, qui était remarquable par sa fontaine jaillissante, ses pépinières, sa chapelle, ses murs ornés de balustrades. On l'aperçoit sur la lisière d'un petit parc, non loin du ruisseau. Son emplacement ne faisait pas partie de la baronnie de Stalle, mais de celle de Carloo. La douairière Dupuis et son fils l'ayant aliéné, il devint une tenure particulière du duché (…)
  
Le 22 juin 1830, le château fut vendu par les héritiers de M. De Paepe à M. Mord; il passa ensuite à M. Léandre Desmaisières, qui a été successivement membre de la chambre des représentants, gouverneur de la province de la Flandre orientale et ministre des travaux publics. On le nomme quelquefois de Paepe casteel. Le moulin qui en dépendait a été cédé, en 1850, à M. Dansaert; en 1686, il servait déjà à fabriquer du papier.


La baronnie de Carloo

Après avoir dépassé le château des Desmaisières, on arrive au hameau de Carloo (Cariloe, 1257; Careloo, 1386; Caerloe, 1500, etc.), qui forme une paroisse distincte de celle d'Uccle. Nous avons déjà eu l'occasion de parler de l'origine traditionnelle de cette localité, dont presque tout le territoire était autrefois boisé. Dans l'origine il ne s'y trouvait qu'un manoir, le château de Carloo, que l'on appelait alors la maison de Karl, bâti non loin de la source de la Glatbeke. (…)

Il n'existe plus que de faibles restes du château de Carloo, qui fut brûlé pendant la révolution brabançonne. On en remarquait autrefois « la vieille et forte tour, de pierres blanches» ; aujourd'hui le manoir ne se compose plus que de deux pavillons et d'un jardin, le tout entouré d'eau et précédé d'une avenue, conduisant à la chaussée de Namur et qui fut percée, vers l'an 1740, au travers d'un champ dit den Ham. Sa situation dans un vallon resserré et entouré de hauteurs boisées était d'ailleurs peu heureuse. Dans le principe, les chevaliers de Carloo ne tenaient en fief des ducs de Brabant que 50 bonniers de terres à Carloo, deux habitations à Uccle et des censives. En 1463, Marguerite Meerte annexa à son fief de Carloo les alleux suivants : le moulin d'Oudrengem, avec des terres situées en amont de Glatbeke, près des biens des Alexiens de Bruxelles; un étang de 3 bonniers, qui était contigu au Slypmolen et à la pâture commune (de getneyne broecke), des pâtures, et une seigneurie censale de 19 tenanciers. Thierri de Heetvelde obtint l'autorisation d'établir à Carloo un Slypmolen, entre son château et le moulin de Glatbeke (5 juillet 1486), et celle de faire pâturer dix-huit têtes de bétail dans la forêt de Soigne (20 novembre 1505). Soixante-trois ans plus tard, quand on confisqua la seigneurie, elle comprenait une maison de plaisance, entourée d'eau, avec un grand jardin, un petit verger situé en face de la maison de plaisance, une petite grange adjacente, une cense ou ferme, de laquelle dépendaient 66 bonniers de terres, divisés en quatre parcelles : het Wilgen velt, den Hum, het Nysvelt et het Raepblock, labourées, c'est-à-dire exploitées, par le seigneur lui-même; 6 bonniers de prés, 9 bonniers de bois, trois étangs, une brasserie, à la Diesdelle; 3 moulins à papier sur la Glatbeke, une quatrième usine de cette espèce, entre le grand étang et le Couwenborre bosch. Le tout, avec un petit cens qui se percevait à Meerbeek près d'Eversberg, rapportait par an 379 livres 14 sous 3 deniers, 27 muids 2 quartauts de seigle. (...)


La chapelle de Saint-Job

 Le dimanche du mois de mai, on grand nombre d'habitants de Bruxelles et de campagnards des alentours se rendent à Carloo pour y célébrer la fête du patron de la chapelle du hameau, qui est invoqué contre la mélancolie, les blessures, et généralement contre toutes les maladies des hommes et des bestiaux, mais surtout contre les ulcères. Cette chapelle a été érigée en paroisse, en 1837, et rebâtie. Elle ne contient rien de remarquable, si ce n'est un tableau de Crayer, la Tentation de Job, et la pierre sépulcrale du baron Philippe-François Vandernoot, laquelle se trouvait autrefois à Bootendael. Jadis on n'y disait la messe que les dimanches et les jours de fête; Guillaume-Louis Vandernoot et Anne-Louise Vandergracht y fondèrent, le premier, une, et la seconde, deux messes de requiem par semaine, et Anne de Leefdale, une messe tous les quinze jours. En vertu d'un jugement du conseil de Brabant, du 31 mars 1778, l'abbaye de Forêt était tenue de payer tous les ans à la chapelle 5 florins 5 sous, pour ses ornements, le vin et le luminaire.

Dans le livre censal de la chapelle, qui rapportait par an 8 florins, figurait un florin du Rhin payé par la gilde des escrimeurs ou de Saint-Michel, de Bruxelles, pour une maison, avec jardin, située près de la chapelle et qui était convertie en brasserie, au siècle dernier. Ce fut, parait-il, un archevêque de Malines qui donna à la gilde l'emplacement de cette demeure, emplacement qui dépendait de la chapelle. Les escrimeurs y bâtirent une maison où ils donnaient un assaut tous les ans, le 10 mai ou pendant les fêtes de la Pentecôte. Cette fête attirait un grand nombre de spectateurs et augmenta considérablement la dévotion au patron de la chapelle; mais, en 1629, elle occasionna à la fabrique quelques frais, dont les receveurs de la ville l'indemnisèrent, en lui accordant, le 4 juillet, une gratification consistant en un quartaut de vin. Le 22 mai 1632, les magistrats de Bruxelles étant allés voir le jeu, après avoir assisté à la messe dans la chapelle, et ayant été régalés d'une collation par les escrimeurs, ils leur accordèrent, en remerciement, une demi-aime de vin. Dix ans auparavant, la chapelle elle-même avait été réparée ou plutôt reconstruite, ce qui coûta à ses prévôts, Jean Vandenperre et Pierre de Champaigne, plus de 700 florins. Pour les aidera payer cette somme, la ville les autorisa, le 15 mai 1627, à exempter deux hommes de la garde, et, le 21 juin 1630, elle leur accorda encore la même faveur, mais pour un homme seulement. La maison que le serment avait bâtie fut considérablement endommagée par un ouragan, en 1662, et le toit et les murs furent presque entièrement détruits; comme la gilde n'avait pas de fonds disponibles, mais plutôt des dettes, et que le locataire demandait de promptes réparations ou la résiliation de son bail, les escrimeurs implorèrent de nouveau la générosité de la commune, qui leur accorda 240 florins (17 mai 1662).

Comme on le voit, les escrimeurs de Bruxelles ont longtemps considéré la chapelle comme leur propriété; il semble que le seigneur de Carloo et le curé d'Uccle leur en avaient abandonné l'administration : du moins, vers l'année 1650, ils leur remirent un coffre contenant des papiers relatifs à la chapelle. Vingt ans plus tard, un différend s'étant élevé au sujet de celle-ci, la gilde décida qu'avant de prendre une résolution on examinerait les papiers mentionnés plus haut (11 décembre 1670). Depuis cette époque, on ne trouve plus de trace de la fête de Carloo; les invasions continuelles des Français la contrarièrent sans doute et la firent tomber en désuétude. Il s'est formé à Saint-Job une confrérie de ce saint, que le pape Grégoire XVI a dotée d'indulgences, par rescrits en date du 4 décembre 1838 et du 3 avril 1840.

On trouve à Carloo plusieurs moulins à eau : le premier, que l'on rencontre en amont du Paepe Kasteel, s'appelle den Cortenbosch molen, et a appartenu au couvent des Alexiens de Bruxelles ; il sert aujourd'hui à la mouture du grain, après avoir été longtemps une papeterie. Viennent ensuite trois moulins qui ont été la propriété des seigneurs de Carloo, et qui, pendant un certain temps, en 1568, entre autres, furent tous trois employés à la fabrication du papier : nous inclinons à voir, dans le premier, l'ancien moulin à grain d'Oudrengem ou Oudergem; dans le deuxième, que nous avons toujours connu ruiné et abandonné, le Slypmolen qui existait déjà en 1463, et, dans le troisième ou Broekmolen, le Slypmolen bâti en 1486. Près du dernier, qui, il y a quelques années, dépendait d'une blanchisserie de coton, on remarque une maison de campagne ayant appartenu aux Kerrenbroeck et aux De Vich de Cumptich. Le moulin de Saint-Job a aussi été la propriété des seigneurs de Carloo et a également servi à fabriquer du papier; les Courcol et les Moncheaux l'ont possédé, en même temps que la villa contiguë, qu'un plan du dix-septième siècle appelle 't huys van Wansyn. Les Moncheaux le vendirent en 1792; on l'emploie aujourd'hui à la mouture du grain. En 1686, il y avait dans le domaine de Carloo une prairie convertie en blanchisserie. Les pâtures dites het Roosendael et de Gemeynte heyde, cette dernière d'une étendue de 9 bonniers, appartenaient aussi aux barons, quoiqu'elles fussent des terrains communaux; les habitants du hameau n'y avaient des droits, selon toute apparence, que par tolérance.


La chaussée de Charleroi (actuelle chaussée de Waterloo)

Au seizième siècle, le chemin de terre qui continuait la chaussée d'Ixelles à Vleurgat était déjà fréquenté, comme le prouve un octroi de l'an 1573, qui accorde à Guillaume Van Cutsem le droit de bâtir, au lieu-dit Saint-Hubert, sous Uccle, une écurie «  pour les passants, tant avec chevaux qu'avec chariots. » Quelques ermites se fixèrent de ce côté, près du Waelschen wegh, mais la chambre des comptes résolut de les faire partir du bois de Soigne (14 octobre 1599). En 1662, il existait deux bouts de chaussée, l'un partant de Vleurgat, l'autre de Waterloo; le pavage de l'espace intermédiaire, qui avait en longueur 1.087 verges, fut adjugé le 15 juillet de cette année et dut être terminé dans les trois ans. Ce fut vers l'année 1680 que l'on poussa la chaussée jusqu'à Charleroi et jusqu'à Namur.

Cette voie de communication eut longtemps une grande importance ; elle servait surtout au transport des charbons de la Sambre vers Bruxelles et la Hollande. On ne doit donc pas s'étonner si ses abords se couvrirent rapidement d'habitations. Le nombre de celles-ci se serait accru avec beaucoup plus de célérité, si tout le territoire que la chaussée traverse, de Vleurgat à Waterloo, n'avait fait partie d'un bien domanial. Ce ne fut qu'avec une sorte de parcimonie que l'ancienne administration se résolut à aliéner des parcelles de la forêt pour y bâtir des auberges. Les bords de la route n'ont réellement commencé à se peupler que pendant le siècle actuel, et ils étaient à peine entrés dans une période de grande prospérité, quand l'établissement du canal de Charleroi et celui du chemin de fer de l'État sont venus porter à la chaussée un coup dont elle ne se relèvera plus ; on n'y rencontre aujourd'hui que quelques messageries et les voitures qui conduisent des touristes au champ de bataille de Waterloo. Encore cette dernière ressource a-t-elle diminué depuis l'ouverture du chemin de fer du Luxembourg.

Vers l'an 1699, le domaine fit bâtir à Vleurgat, « pour la plus grande commodité de chacun, » un moulin à vent servant à scier le bois; outre cette usine, où actuellement on triture le grain, il y a à Vleurgat un moulin à céruse, plusieurs auberges et des fermes. Plus loin, le hameau de Langevelt doit son nom à une longue pointe de terres cultivées qui s'avançait des environs de Bootendael jusque-là. Aujourd'hui il n'y a presque plus d'intervalle entre le hameau de Langevelt et celui du Vert Chasseur, qui, en 1742, n'était encore qu'une clairière dite den Hudt.

Là, on descend dans la Diesdelle ou le Vivier d'Oye, vallon où la Glatbeke prend sa source et où l'on voyait déjà, en 1678, un grand nombre d'habitations. Au-delà, tout resta longtemps boisé et inhabité jusqu'à Waterloo, sauf en deux endroits, la grande et la petite Epinette, que l'on appelait jadis, celle-ci, Saint-Hubert ; celle-là, de Cauters hutte (1687). A cause de son extrême isolement, la première n'était qu'un asile de voleurs. En l'an 1700, trois des fils de Josse Van Calemberg, l'hôte de l'auberge Saint-Hubert, furent arrêtés par ordre du drossard de Brabant, et pendus près de là; le quatrième fut proscrit. Trois ans après, le 4 janvier, les deux capitaines Clairembaux, père et fils, du régiment du marquis de Deynze, y furent accostés par six maraudeurs, mais leur valet, étant parvenu à s'enfuir, rencontra une escorte de cavalerie dont l'approche mit les voleurs en fuite. Calemberg fut alors arrêté; les faits à sa charge n'étant pas suffisants pour justifier une condamnation, on fut obligé de le relâcher. Toutefois, afin de prévenir le retour des scènes de brigandage qui avaient lieu dans la forêt, ordre fut donné de démolir l'auberge, qui n'était d'ailleurs qu'une méchante masure (16 janvier 1705).

Anciennement, le bourreau de Bruxelles avait le droit de disposer des chevaux morts et les conduisait au Borrendriesch , où ils étaient dépecés. En 1659, le cardinal-infant, dans le but d'attirer les loups de la forêt de Soigne et de les prendre au piège, chargea le lieutenant du grand veneur, M. d'Orville, de faire en sorte que les chevaux morts fussent dorénavant transportés près de la Diesdelle, en face de la première hutte (tegen over d'ierst hutte). A la demande de M. d'Orville, les trésoriers et receveurs de la ville de Bruxelles donnèrent à cet effet les ordres nécessaires.

Au-delà de la Diesdelle, sur la hauteur et près de la chaussée, s'élevait jadis un fortin formé de retranchements de terre, et qui a disparu lors des défrichements entrepris en cet endroit, il y a une vingtaine d'années. On l'appelait le fort Jaco; il a en effet servi de retraite ordinaire à un aventurier dont le nom vit encore dans le souvenir du peuple, Jaco ou Jacques Pasteur. Sorti des rangs du peuple, Pasteur monta rapidement de grade en grade, et, grâce à ses nombreux exploits, fut enfin nommé général. Ses parents étaient sans doute des gardes forestiers, car, dès l'année 1654, il y avait dans le bois de Soigne, au nord de Waterloo, une clairière nommée Pasteurs Plas. Ce fut vers l'année 1650 que naquit notre héros. On le trouve d'abord placé à la tête d'un corps de fusiliers chargé de la garde du bois; le capitaine Jacquot fut bientôt l'objet de la haine des Français, auxquels il fit éprouver des pertes sensibles. Il fut nommé major en 1692; le 4 juin de l'année suivante, il assaillit, entre La Hulpe et Waterloo, à la tête de 60 hommes, un détachement de 120 Suisses, que soutenaient quelques cavaliers; il leur tua cinq ou six hommes à la première décharge, et les autres se rendirent presque sans résistance. Dans d'autres escarmouches, il se montra également redoutable : le 6 août 1694, il mit en déroute, dans le bois de Villers, des soldats du régiment de la Reine; le 20 juin 1695, à la tête de sa compagnie de dragons, il repoussa un parti de la garnison de Mons, qui avait envahi Ixelles à l'improviste; le 27 novembre suivant, il rencontra, près de Genappe, le partisan français Beauregard, qu'il vainquit également. Le cornette Henri, de Charleroi, ayant fait prisonnier, près de Vos-Capelle, deux officiers supérieurs des troupes alliées, Pasteur se mit à sa poursuite et l'atteignit près du moulin de Tombeek, à Overyssche; il eut le bras cassé dans la première décharge, mais son cornette Thibaud rallia sa troupe, s'empara de Henri, et délivra les deux officiers (27 avril 1696). Cet exploit valut à Thibaud le grade de capitaine, et à son chef celui de mestre-de-camp.

Promptement guéri de sa blessure, le valeureux soldat s'empressa de lever un régiment de dragons, qui fut passé en revue par l'électeur de Bavière, le 25 octobre 1696, hors de la porte de Hal. Il était fort de trois escadrons, commandés, le premier par Jacques Pasteur lui-même, le second par le major de La Torre, et le troisième par Thibaud. Dans le printemps de 1697, le nouveau mestre-de-camp se remit eu campagne, surprit, aux portes de Binche, le 18 avril, un détachement de la garnison de cette petite ville, et tailla en pièces un parti de 150 hommes, qui avaient pénétré dans la forêt de Soigne. Les exploits de l'aventurier furent malheureusement ternis, à plus d'une reprise, par les excès auxquels sa troupe se livrait; presque toujours cantonnée dans les villages, elle traitait d'une manière indigne les malheureux paysans. Arrêté dans sa carrière par la conclusion de la paix de Nimègue, Pasteur reprit les armes, quelques années après, pour combattre les ennemis du roi Philippe V. Il forma un régiment de 800 volontaires, les uns dragons, les autres fusiliers. Il s'était déjà distingué dans plusieurs rencontres, lorsque, en marchant avec 100 dragons et 100 grenadiers pour enlever une brigade d'infanterie qui fourrageait les champs de Gheel et qui n'était escortée que de 60 maîtres seulement, il rencontra six à sept escadrons ennemis; une mêlée affreuse s'engagea. Pasteur fut blessé et forcé de fuir; s'apercevant que la retraite allait lui être coupée, il se cacha et ne regagna l'armée qu'avec peine (26 juin 1704). L'année suivante, lorsque les ennemis s'approchèrent de Bruxelles par le sud-est, on lui confia la défense du village de Waterloo ; attaqué par le général anglais Churchill, qui commandait 12.000 hommes, il se retira en bon ordre, mais le lendemain il reprit sa première position, avec l'aide du marquis de Grimaldi. Après la bataille de Ramillies, presque toute la Belgique passa sous la domination des puissances coalisées contre la France et l'Espagne ; néanmoins , Pasteur resta fidèle à son prince, qui, en récompense, le comprit dans la première promotion d'officiers généraux; on le nomma brigadier de cavalerie et de dragons. A six ans de là, il tenta une des entreprises les plus hardies dont l'histoire de ce temps fasse mention. Au mois d'août 1712, au moment même où les alliés pénétraient en France, il entra dans le Brabant hollandais, à la tête de 1.500 cavaliers, passa dans l'île de Tholen, qu'il mit à contribution ainsi que tout le pays compris entre Berg-op-Zoom, Heusden et Bois-le-Duc, et, quoique poursuivi par trente escadrons, il revint à Namur, sans avoir éprouvé la moindre perte, et ramenant soixante otages, cent chevaux de carrosse et un butin immense.

En 1718, Pasteur était chevalier de l'ordre de Saint-Lazare et maréchal de camp au service de la France; le métier des armes ne l'avait pas appauvri, car nous le voyons, en cette année, prêter sur hypothèque 46.054 florins. Il s'était marié à une femme dont voici l'inscription funéraire, qui se trouve à Braine l'Alleud : ICI REPOSE LE CORPS — de DEMOISELLE — ANNE MARIE DE TOMBOIR, — ÉPOUSE DU Sr — JACQUES DE LA PASTUR, — COLLONEL D'UN RÉGIMENT — DE DRAGONS, LAQUELLE EST — DÉ CÉDÉE le 10 D’AOUST 1702; il en eut, entre autres, une fille, Marie- Jacqueline, qui s'allia à Nicolas de Domprez. Jacqueline Délie lui donna ensuite deux fils : Maximilien-Honoré et le chevalier André; ce dernier habitait le village de Waterloo et épousa Jeanne d'Halluin, qui, après sa mort, prit pour second mari le chevalier Antoine de Prina. André de Pasture eut pour héritiers les frères Despesseaux d'Eevelin, dont un, le second, était, en 1766, capitaine au régiment de Picardie, au service de France. Le fort Jaco, à Uccle, n'est pas la seule localité qui rappelle la mémoire de Pasteur. Un autre fort Jaco a existé à Rhode-Saint-Genèse, au nord-est du hameau de l'Ermite, et un champ d'une dizaine d'hectares, situé à la Hulpe, vers Ohain, porte encore la dénomination de bois du général Jacot.


Vronerode

Les solitudes au milieu desquelles Pasteur et ses fusiliers aimaient à se retirer ont existé jusque vers l'année 1855. M. le baron de Stassart acquit alors en cet endroit de grands terrains de la Société générale, les fit défricher, et y éleva une grande ferme, dont les dépendances ont depuis été morcelées. De la forêt qui se prolongeait, sans interruption, de Vivier d'Oye à la Petite Espinette et de ces deux hameaux jusque dans le voisinage de la chaussée d'Alsemberg, il ne subsiste plus que quelques débris. Sur le chemin conduisant de Saint-Job à Verrewinckel, on voit une petite chapelle [Petrus Houwaert Kapel), qui a été bâtie en 1762.

Ce canton appartenait autrefois, en partie à l'abbaye de Forêt, en partie au domaine. La part du gouvernement portait les noms de S’Hertogen elst (l’Aunaie des Ducs) et de S‘ Gravenhage (la Haie des Comtes). Quant à l'abbaye, elle possédait à Uccle, en 1787, le Frondroy bosch et la Sint-Peetersheyde, qui comprenaient 57 bonniers de bois, 36 bonniers de terres et 8 bonniers de prairies. Frondroy est une corruption du mot Vronerode, littéralement, le trieu des juges; vronen, vronen ou franen, dans les anciennes lois saxonnes et frisonnes, désigne les juges voisins, les laeten ou tenanciers.

Un bois qui s'étendait entre la Glatbeke et l'église du moine Herman (l'église de Linkenbeek?) fut abandonné à l'abbaye de Forêt, en l'année 1110, par le duc Godefroid Ier. Environ quarante ans plus tard, le monastère s'enrichit de l'alleu d'Oldrengem, qui était, sans doute, voisin du moulin de ce nom; les religieuses le reçurent d'Ide, fille de Lutgarde et de Henri, fils du châtelain de Bruxelles, Franco le Vieux; ce dernier l'avait obtenu, pour le tenir en alleu, du même Godefroid, et l'avait possédé plus de trente années. Fredesnende, soeur de Henri, fit aussi de grands dons aux religieuses de Forêt, et les gratifia, entre autres, d'ornements d'église et d'un pré de sept bonniers, à Bigard (Petit-Bigard). Elle épousa Geldulphe, chevalier d'Uccle, dont elle eut Guillaume d'Uccle, et qui, après sa mort, se remaria à une dame nommée Ethelwide, qui lui donna cinq autres fils : Herman, Daniel, Franco, Ider et Geldulphe. Comme ceux-ci ne pouvaient prétendre en rien à l'héritage paternel, Geldulphe obtint pour eux, de son fils aîné, la cession d'un manse auquel Guillaume renonça entièrement, à condition que ses frères lui abandonneraient leurs droits sur le restant de leur patrimoine commun. Quelque temps après, Guillaume vendit à l'abbaye des terres au lieu-dit Froneroth, pour la somme de 15 marcs, à la condition que s'il voulait se faire moine on le recevrait gratuitement. Il se maria cependant; mais, plus tard, lui et sa femme Marguerite prirent l'habit religieux, et ajoutèrent alors, à leur premier don, 20 bonniers de prés et de terres, un verger et un cens annuel de 18 sous. Cette cession fut confirmée, à deux reprises différentes, par le duc Godefroid III, une fois, entre autres, en 1173.

Dans la suite, Henri Ier revendiqua pour sa propriété la forêt de Fronerode, puis, convaincu de son erreur, il répara son injustice, au moment où il allait partir pour Jérusalem, « afin de combattre les Sarrasins visibles et invisibles. » Afin de prévenir le retour de cette contestation, il chargea le maire (ou amman) Henri de Sterrebeke, les échevins d'Uccle René, Siger et Henri, et les forestiers René et Henri, de déterminer avec soin les limites respectives de ses domaines et des biens de l'abbaye. Celle-ci établit en cet endroit la ferme de Vronrode, dont le pape Innocent IV lui confirma la possession, en 1245. Au moyen âge, 50 bonniers de bois en dépendaient; la communauté y avait un messier particulier.

Plusieurs parents de Guillaume d'Uccle enrichirent les religieuses de La Cambre : Daniel d'Uccle donna au monastère le fief, situé à Stalle, pour lequel il était vassal du châtelain de Bruxelles; les enfants de Henri Pretel : Fresnendis, Baudouin d'Uccle, Laurette, mère de Walter et d'Ide, et Ode, en firent autant (1255). Au hameau Engeland ou Angleterre, qui était autrefois comme enclavé dans le Frondroy, s'était établie une branche de la famille de Stalle. Au mois de décembre 1268, Henri de Stalle, fils de feu sire Robin de Anglia, céda à l'abbaye de La Cambre, à la condition de lui payer un cens de 32 deniers de Louvain, 16 bonniers de terres, de prés et de bois, situés à Tourneppe, pour lesquels ses censitaires lui payaient tous les ans 7 sous de Bruxelles, 4 1/2 setiers d'avoine et 2 chapons. Le suzerain de ce fief, Léon d'Aa, approuva cette transaction, en présence de ses vassaux Guillaume de Platea, le clerc Guillaume de Perck, Walter de Wesembeke, Hugues de Selleke et Jean, fils de Franco Bole. Plus tard, Helwide de Anglia laissa à son petit-fils, Jean, fils de Godefroid de Monte, des biens que Jean céda à Henri de Stalle, en 1316, le jour de Saint-Laurent.


Groelst

Le champ où finissait le Frondroy, entre la Glatbeke et Linkenbeek, sont aujourd'hui désignés par les noms de Groelst velt et de Sieckhuys (l'Hôpital). Cette dernière dénomination provient sans doute d'une ancienne léproserie, dont la mémoire s'est perdue. La première date de plus loin. En 1197, vivait Alstan de Groelst. Henri de Grols était maire d'Uccle en 1242 et 1244, de plus, maire de Rhode et amman de Bruxelles en 1247, et, enfin, échevin d'Uccle, en 1266. Il avait épousé une dame nommée Ide et portait trois fleurs de lis dans son écusson. Son patrimoine se morcela, parait-il, en plusieurs fractions, dont la plupart furent réunies de nouveau en une seule main, au quinzième siècle.

L'hof te Groelst, qui se trouvait entre le ruisseau venant de Linkenbeek et le molenwech ou chemin conduisant au moulin de Steen, fut successivement relevé de la Trompe, avec 12 bonniers de terres et de prés et des tenanciers, par Arnoul de Groelst, Walter, père de Marguerite de Groelst, qui épousa un gentilhomme nommé Thierri (vers 1315); Jean, Jeanne, fille du précédent; Engelbert de Groelst, Malhilde de Perck, femme de Jean De Vos de Linkenbeke; André de Perck, par cession de Mathilde; Jean Ofhuys, marchand de Bruxelles, en vertu de lettres échevinales de cette ville. Plus tard le manoir tomba en ruine et on ne le releva plus; son emplacement fut converti en un verger, qui comprenait sept journaux. (…)


Caelevoet

Au hameau voisin de Caelevoet, on a vu longtemps une chapelle de la Vierge dite Notre-Dame de la Consolation. Elle devait son origine à une image de la Vierge qu'un riche marchand de vin de Bruxelles fit sculpter, puis attacher à un arbre, en 1314, pour accomplir un voeu fait au moment où la tempête menaçait d'engloutir son vaisseau. Des miracles lui attirèrent bientôt la vénération publique, et les habitants des environs l'abritèrent dans une chapelle en bois, qui fut construite à leurs frais, à l'endroit appelé depuis l’Ancienne chapelle, Antiqua capella. En 1425, Ofhuys remplaça cette bâtisse informe par un élégant oratoire, tout de pierres, de forme ronde et dont l'architecture était d'un bon style. Il le dota et y fonda une chapellenie, dont il réserva la collation à ses héritiers (c'était, en 1787, Jean-Baptiste Van Santen, fils d'Augustin-François et d'Anne-Marie Marien dite Ofhuys, de Molenbeek). Ce bénéfice jouissait d'un revenu de 449 florins et était grevé de deux messes par semaine. De plus, on disait dans la chapelle l'office divin, lors de toutes les fêtes de la Vierge, et l'on y chantait une grand'messe le troisième jour de Pâques. Le 9 juillet 1625, l'infante Isabelle visita la chapelle de Caelevoet, qui a été démolie il y a une vingtaine d'années; la statue a été transférée dans l'église d'Uccle.

En l'année 1476, il se trouvait déjà à Caelevoet un moulin à papier, lequel payait au domaine un cens de 20 sous d'Artois et de 4 chapons. Un octroi daté du 15 octobre 1563 permit à Froen ou Véron Huyghe d'en élever un autre, qui fut converti en moulin à grains, par octroi du 13 août 1718, et qui est devenue l'usine que l'on appelle den Nieuwen Bauwmolen. Caelevoet possède, outre deux moulins à eau, deux blanchisseries de linge. L'agglomération d'habitations qui porte ce nom et qui s'est formée à l'endroit où la chaussée d'Alsemberg traverse le ruisseau de Linkenbeek, dépend de quatre communes dont les limites s'y confondent l'une dans l'autre : Uccle, Linkenbeek, Beersel et Droogenbosch.

Plus en amont on rencontre successivement la ferme de Homborch (‘t hof te Homborch, 1462), celle dite de Saint-Eloy, qui doit son nom à une ancienne et riche fondation de bienfaisance de Bruxelles, et le hameau Verrewinkel {Verrewinkele, 1525). Ce dernier lieu, qui se compose au plus d'une vingtaine de maisons, paraît n'avoir eu que peu de relations avec Uccle, car la dîme y appartenait à l'abbaye du Saint- Sépulcre à Cambrai, et les actes de transport des biens qui y étaient situés se passaient devant les échevins de Rhode et Alsemberg.

Les Kesterbeke, puis les Van Grymbergen, possédèrent à Uccle des biens, et maître Nicolas de Vucht, maître de la chambre des comptes de Brabant, y acquit trente-deux bonniers de bois ayant appartenu à la commanderie de Pilzenbourg, de l'ordre Teutonique, et, plus anciennement, aux Templiers . Les ducs de Bourgogne comblèrent maître Nicolas de faveurs. Philippe le Bon lui accorda le droit de nommer un sergent pour garder ce bois et enjoignit à son receveur général et à son maître des forêts en Brabant de faire arrêter ceux qui y causeraient quelque tort aux plantations (15 février 1461-1462). Puis, en considération de ce que la ferme se trouvait dans un terrain sec et n'avait que peu de prairies dans ses environs, Philippe le Bon en autorisa le possesseur à envoyer pâturer dans la forêt de Soigne douze vaches, un taureau, deux génisses, six chevaux, quarante porcs et quarante brebis. Il ne devait payer aucune rétribution pour cette faveur, mais la relever en fief de Brabant, en payant pour droit de relief une trompe de chasse, garnie d'un baudrier auquel pendaient deux courroies (20 octobre 1462). Plus tard, en indemnité des dégâts que causaient dans ce bien les bêtes sauvages de la forêt de Soigne, Maximilien d'Autriche permit à maître Nicolas ou à ses ayants-droit de prendre quatre de ces animaux, pourvu qu'ils fussent trouvés sur ses terres (14 janvier 1482-1483); un animal fuyait-il dans les bois du souverain, De Vucht pouvait l'y poursuivre (24 mai 1484).


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CARTES D'UCCLE (UKKEL)

DRESSEES PAR LE COMTE DE FERRARIS

1777












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